Cette réunion a eu lieu en présence de Mr Baraduc, Mr Chiponni, Mr Perras, Mr Zanetacci, Mr Mahuet, Mr Chatagnat, Mme Cachot, Mme Nerguisian, capitaine Abeillon.
1/Préambule
*Mr Chiponni rappelle que la prévention est un travail de longue haleine, dans lequel il faut surtout prendre en compte la rivière. Le PPRNI (Plan de prévention du Risque naturel d’Inondations) en cours d’élaboration a intégré les données 2008 (nouvelle modélisation). On n’arrêtera pas les inondations, mais il faut tenter d’en réduire les dégâts.
Dans les chantiers à prévoir, il y a bien sûr celui du Martinon (rappel du contentieux en cours avec une association locale) mais il ne faut pas oublier celui des retenues collinaires qui devront être modernisées (elles sont très fragilisées !). Aujourd’hui il faut prendre conscience qu’il existe de nombreux « points noirs » sur les rivières et il faudra réagir en fonction des résultats des nouvelles études lancées par les collectivités locales. Enfin il signale la mise en place du DICRIN pour faire face à l’urgence en cas de nouvelle crue.
*Mr Baraduc signale que le département intervient pendant et après (aide financière aux collectivités locales) les inondations et qu’il existe une action du département dans le contrat de rivière.
*Mr Perras précise que la CCPA a elle aussi dégagé des fonds et que les actions vont se conduire sur l’ensemble du bassin versant.
2/Bilan des inondations des Inondations du 1er et 2 novembre 2008
présentation faite par Mr Chatagnat.
Il y a eu une 1ere alerte crue les 21 et 22/10/08 avec 90 mm de pluie tombée en 24 heures et un pic de crue sur la Turdine le 22/10. Le 01/11/08 a été caractérisé par de fortes pluies tombées non stop sur un sol déjà gorgé d’eau, avec une absence d’alerte météo (météo France ayant déclenché l’alerte orange inondation vers 23h00, la préfecture bien plus tard). A 19h30 l’astreinte technique municipale constate la montée des eaux et avertit le maire qui déclenche l’alerte et fait évacuer les véhicules : la police municipale circule de 20h15 à 22h30.
Le PC de crise est installé vers 22h00 en mairie et la cellule d’hébergement est activée.
Vers 23h00 est mis en place le poste de commandement piloté par le SDIS.
A 23h45, la sirène RNA (réseau national d’alerte) est déclenchée et à 02h30 il faut faire face à un afflux massif de personnes (avec nécessité d’ouvrir le gymnase du Groslier).
Au total : 60 personnes ont été accueillies cette nuit là (dont la moitié était des personnes « de passage » piégées à l’Arbresle), 7 agents ont été mobilisés pour l’accueil, 16 agents et élus ont été mobilisés pour la logistique. Les services techniques municipaux ont, pendant plusieurs jours, été affectés exclusivement au nettoyage et à l’évacuation des objets de rebus (avec l’aide de différents autres services).
En conclusion : la ville a été confrontée à un phénomène sans précédent, avec des zones sinistrées qui n’avaient jamais été concernées. 200 foyers et 50 commerces ou entreprises ont été touchés (100 en 2003), 60 personnes ont été évacuées et hébergées (30 en 2003).
3/S.D.I.S. : Bilan des inondations 2008
présentation faite par le capitaine Abeillon.
Les pluies de novembre 2008 sont de type « cévenole », c’est-à-dire des pluies intenses sur de courtes durées, générant une montée rapide des eaux. Ces pluies torrentielles sont imprévisibles, dévastatrices, évolutives et il est difficile de les anticiper ; elles ont des conséquences énormes et sont très mal vécues par les populations.
Le 01/11/08, 7 départements étaient en alerte, pas celui du Rhône (qui n’est passé en orange que vers 02 :00le 02/11). En novembre dernier il est tombé 105mm de pluie en 7 heures (contre 138 mm de pluie en 48 heures en 2003), avec une crue >3.50 m à minuit. Le standard SP a eu de très nombreux appels cette nuit du 01/11/08, d’où des difficultés à gérer les demandes. La réponse opérationnelle a consisté à installer un PC à l’Arbresle et d’envoyer sur place 10 engins et 60 sapeurs pompiers (dont 3 officiers)
4/Enquête post-crue 2008
présentation faite par Mr Mahuet.
Un des objectifs de la commission extra-municipale a été de « recoller » les résultats des différentes études faites sur les rivières (notamment 7 études sur L’Arbresle depuis 1995), de réactualiser l’étude CNR 2001 (centrée sur le pont du Martinon)et de mener une enquête « post crue » auprès des habitants.
Sur les 278 questionnaires (54 commerces et 224 particuliers) envoyés, 113 ont été rendus (dont 3 ont été exclus, ne concernant que des véhicules), ce qui donne un taux corrigé de retour de 39%.
Localisation des retours : 36 dans la rue Claude Terrasse (33%), 8 dans la rue Emile Zola (8%),…
Type d’habitations : 49% de maisons individuelles (dont 97% ont plus de 10 ans), 40 appartements, 15 locaux commerciaux.
Hauteur d’eau évaluée : 5 réponses sur terrain (de 0.6 à 2.5m), 26 réponses dans les caves (0.5 à 2.5 m), 9 réponses en garage (0.4 à 3 m) et 70 réponses en habitation (de 0.5 à 3m de niveau d’eau).
Le début de crue est estimé à 22h30 à la confluence, 23h00 dans les autres quartiers, avec une hauteur maximum de la Turdine à +7 mètres impasse du moulin.
Estimation des dégâts : 9% < 5000euros, 39% de 5000 à 10 000 euros, 52% >10 000euros (dont 5 dossiers> 100 000 euros). Le montant maximum de pertes déclaré est de 300 000 euros.
Alerte : 49% des répondants estiment ne pas avoir été prévenus du tout, 4.5% étaient absents où estiment avoir été prévenus trop tard et 20% s’estiment satisfaits de l’alerte.
5/DICRIM et PCS (Document d’Information Communal des Risques Majeurs et Plan Communal de Sauvegarde)
présentation faite par Mr Chatagnat
Il faut constater que l’alerte a été insuffisante et qu’il y a un défaut d’information de la population, d’où l’intérêt du DICRIM et du PCS (documents élaborés en 2007/2008 et totalement remaniés depuis novembre 2008). Sur L’Arbresle il existe 3 risques répertoriés : inondations, tempêtes et transports de matières dangereuses.
Le DICRIM vise à faire connaitre le risque, les mesures de prévention, l’organisation de l’alerte et les consignes de sécurité : il sera distribué à tous les foyers arbreslois d’ici la fin de l’année.
Le PCS est un document interne aux services municipaux (organisation et gestion de la crise).
La phase de pré-alerte est déclenchée par l’alerte orange ou rouge de la préfecture ou de météo France et sera rapidement relayée à la population (panneau lumineux, site internet, drapeaux orange sur des mâts…). Des outils ont été élaborés pour signaler le passage à l’alerte : sirène RNA, ensemble mobile d’alerte, alerte par téléphone…
6/étude hydraulique permettant de définir une politique globale d’aménagement du territoire pour la prévention du risque d’inondation,
présentation faite par Mr Perras.
L’offre de marché public est lancée et les derniers dépôts doivent être faits avant le 30/10, pour une étude dont le coût est estimé à 35 000 euros TTC. L’idée : réduire les aléas et les enjeux socio-économiques, réduire la vulnérabilité des enjeux.
Cette étude devrait définir une politique globale de travaux visant à réduire les conséquences des inondations. Elle se décline en deux volets : le 1er volet est la réactualisation et validation de l’étude CNR 2001 sur le pont du Martinon ;le 2eme volet est l’identification de tous les « points noirs » (embâcles, obstacle aux écoulements,…) et facteurs de majoration du risque dans l’ensemble des bassins versants. Cette étude devra aboutir à des préconisations techniques détaillées et chiffrées et constituera un premier diagnostic et un « état des lieux » qui sera suivi d’une expertise et de l’avis des différents acteurs locaux. Puis la 3eme phase sera celle des propositions de solutions pour réduire le risque et la vulnérabilité. Enfin la 4ème phase sera l’élaboration d’actions hiérarchisées pour définir des travaux à conduire sur plusieurs années. Si l’étude montre la nécessité de travaux, ceux du Martinon seront financés par l’Etat, les autres devront être financés par les communes et la CCPA (+ aides et subventions). Pour le volet 1 la durée de l’étude est estimée à 3 mois, pour le volet 2 elle est estimée à 10 mois.
7/catalogue des protections individuelles et collectives
présentation faite par Mr Mahuet
Au vu des hauteurs d’eau atteintes en 2008, il y a nécessité de protections individuelles : (catalogue en mairie de l’Arbresle) : batardeaux, « substituts sables de sable », etc.…. Un système collectif de protection (par ex. pour protéger une rue) nécessiterait des mesures systématiques de compensation d’aval.
Les particuliers pourraient bénéficier d’aides (à l’étude) pour financer ces achats à hauteur de 40 voire 50 % en « zone rouge » du PPRNI, une demande de défiscalisation a été déposée…
Réponses (collégiales)à diverses questions de la salle :
Pour le problème des remontées d’égouts, il faudrait voir si le réseau dispose de clapets anti- retour .
L’intérêt d’avoir des réseaux de récupération des eaux « séparatifs » est de permettre la création de zones « tampons » pour les eaux de pluie afin de retarder l’arrivée des eaux pluviales sur les stations d’épuration. Mais toutes les communes ne sont pas équipées de la sorte : travail en cours avec le SYRIBT.
8/Etude CNR 2001
présentation faite par Mr Mahuet .
Il faut réactualiser cette étude par rapport aux conditions hydrauliques de 2008. Les débits maximums enregistrés au Martinon en mai 1983 étaient de 200 à 270 m3/sec et 170 à 230m3/sec en juin 2000. Or l’étude CNR 2001 montre que la section d’écoulement du pont (65m²) permet une capacité hydraulique de 220m3/sec (+/- 22% ), sachant que ce calcul a été fait dans une situation sans embâcle : on est donc réellement sur un ouvrage qui constitue un « verrou hydraulique ». Des propositions ont été faites pour permettre de restaurer un meilleur écoulement des eaux (et ce pour des coûts qui restent raisonnables pour un budget d’état), permettant une baisse significative du niveau de crue dans l’Arbresle, avec des incidences d’aval sur environ 1km.
9/Les actions du SYRIBT
présentation faite par Mme Cachot et Mme Nerguisian
Le syribt a un rôle de pilotage du contrat de rivière, il conduit des études générales à l’échelle du bassin versant, gère l’entretien de la végétation et l’aménagement écologique et piscicole, entretien les repères de crue et a un rôle de communication. Il n’a pas de compétence pour tout car les 2 rivières sont des cours d’eaux non domaniaux (c’est-à-dire que les propriétaires des berges en sont responsables). Le syribt se substitue souvent aux propriétaires défaillants en vertu d’une déclaration d’intérêt général permettant d’intervenir sur des terrains privés (avec des financements publics).
Il existe une loi sur l’eau qui permet de mesurer les impacts d’amont et d’aval de ce que fait chaque propriétaire : on ne peut pas faire n’importe quoi sur son bout de rivière !
Le contrat de rivière est un document signé entre le syribt, les collectivités locales, les partenaires financiers et l’état. Celui qui est en cours défini un programme d’action sur 5 à 7 ans pour améliorer le fonctionnement et la qualité générale des rivières et se décline en 3 volets : volet A pour l’amélioration de la qualité des eaux, volet B pour la restauration des milieux aquatiques (dont la gestion des inondation), volet C pour la communication et la sensibilisation.
C’est un budget de 20 million d’euros HT répartis en 8.5 millions pour le volet A + 10 millions pour le volet B + 1.5 million pour le volet C. Sur la somme globale, 9 millions d’euros sont à maitrise d’œuvre syribt (dont 7.5 millions d’euros sont dévolus à la gestion des inondations)
La prévention du risque inondation :
- restauration de zones d’expansion de crues (8 secteurs prévus)
- arasement de merlons (ce qui permet un gain hydraulique)
- restauration et entretien de la ripisylve (ce qui prévient les embâcles)
- observatoire des embâcles et des remblais
- plan de gestion des atterrissements
- actions de sensibilisation
10/les actions communales et intercommunales
présentation faite par Mr Perras
Rétablissement des capacités hydrauliques sous les ouvrages
Etudes sur le ruissellement
Gestion de la crue : mise en place d’un système d’alerte de crue, mise en place d’un Plan Intercommunal de Sauvegarde
Après la crue : expertise post-crue, assistance aux communes, travail des brigades vertes, réflexion sur certains lieux hautement vulnérables (rachats par fonds Barnier,..)
Actions déjà en cours : arasement de merlons (la Rochette), brigades vertes (160 km de cours d’eau à nettoyer),gestion des atterrissements (une procédure d’urgence vient d’être décrétée, ce qui va permettre d’intervenir sur des points stratégiques sans avoir (entre autre) à effectuer des recherches de PCB), financement d’un bureau d’étude pour aide à la restauration hydraulique et écologique.
Questions diverses
(réponses collégiales)
Les casernes SP de Sain Bel, L’Arbresle et Savigny vont être regroupées…reste à trouver un terrain stratégique non inondable…
Les mesures de débits sur la Turdine (les instruments sur la Brévenne ont été emportés par la crue) semblent montrer que les débits le 01/11/08 étaient inférieurs à ceux d’une crue centennale…peut-être du niveau d’une crue cinquantennale (à vérifier après recroisement avec les différentes informations collectées cette nuit là).
« Il faut laisser fonctionner les cours d’eau de la manière la plus naturelle possible partout où cela est possible » (Paul Perras)
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